Apple MacBook SE : prends garde Microsoft, les beaux jours de Windows sont en danger

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Dans les années à venir, Apple a la capacité de chambouler le marché du PC et va très probablement le faire si on suit les innovations de la marque. Microsoft doit s’y tenir prêt dès maintenant si la marque veut garder la place historique qu’il tient avec Windows.

Source : Microsoft

Amonbofis dans le film Astérix et Obélix Mission Cléopâtre disait « oui on a toujours fait comme ça » quand Cléopâtre lui fait remarquer « c’est bien çà le problème avec vous, vous faites toujours comme on fait tout le temps ». Derrière cette longue citation se cache l’idée qu’il ne faut pas toujours imaginer que le futur ressemblera au passé. Depuis des dizaines d’années maintenant, Microsoft domine largement le marché du PC avec Windows. Les Mac, les PC sous GNU/Linux ou encore les Chromebooks restent marginaux et personne n’a jamais vraiment réussi à s’imposer sur ce marché en alternative à Windows.

Pourtant, comme ce fut le cas sur le marché des smartphones ou de l’audio, Apple pourrait bien bouleverser la donne dans les années à venir.

Pourquoi le MacBook « SE » finira par exister

Avant de revenir vers Microsoft, il faut déjà clairement identifier ce qui devrait rapidement devenir un danger pour les parts de marché de Windows : le passage d’Apple à ses propres puces et l’arrivée inéluctable d’un « MacBook SE ». Aucune fuite ou rumeur ici, mais de la simple logique en regardant l’évolution du catalogue Apple.

Apple ne se limite plus au haut de gamme

Avec une vieille image en tête, on a tendance à croire qu’Apple est resté une marque élitiste pour les personnes les plus aisées. C’est faux. Au cours des dernières années, la firme a fait énormément grandir son catalogue de produits. Si on ne peut pas dire qu’Apple fait du low cost, la marque offre désormais dans chaque famille de produits un appareil assez abordable.

Le catalogue Apple

Apple a en fait une recette désormais bien rodée. La firme réutilise des chaînes de productions déjà bien rentabilisées de châssis et y intègre un processeur maison plus moderne avec un prix de vente qui reste raisonnable.

Des exemples ? C’est exactement ce que propose l’iPad 9 qui profite de la puce Apple A13 Bionic de l’iPhone 11 dans le châssis de l’iPad de 7e génération. Même principe pour l’Apple Watch SE qui reprend le châssis de la Series 5 ou pour l’iPhone SE qui réutilise un iPhone 8, toujours avec la puce A13 Bionic de l’iPhone 11.

Tout cela permet à Apple de proposer un iPhone à 489 euros ultraperformant, un iPad à 389 euros qui est la tablette de référence du marché et une Apple Watch SE à 299 euros, ce qui est là encore une proposition très forte sur le marché.

Comme intermédiaire, Apple a également l’habitude de garder au catalogue ses anciennes références pour avoir une proposition sur chaque tranche de prix. Aujourd’hui il n’y a plus un ni deux iPhone au catalogue, mais huit.

Il ne reste que le MacBook

Depuis 2020, Apple peut concevoir entièrement et pour la première fois ses propres machines. Au même titre que les appareils que nous avons cités avant, la firme a désormais la main sur toute la chaîne de valeur du produit : son design, son processeur et son système d’exploitation. On a du mal à imaginer Apple adopter une stratégie pour l’intégralité de son catalogue, sauf, les Mac. Cela n’aurait pas de sens.

On peut donc d’ores et déjà imaginer un MacBook Air 2020 avec une puce Apple M2 ou M3 sortir dans plusieurs années. Et son prix pourrait tomber bien en dessous de la barre des 1000 euros pour s’attaquer au cœur du marché des PC portables.

Vous vous demandez peut-être pourquoi Apple ferait une telle chose, alors qu’ils ne l’ont pas fait jusqu’à présent. La raison est simple : le modèle économique d’Apple a évolué vers la commercialisation de services, en plus de la vente de matériel. La marque est désormais en capacité d’abreuver le monde avec des millions d’appareils, puis de vendre des abonnements à la musique, aux séries, aux jeux vidéo et même au sport, en supplément. Le Mac est, et sera, un support comme un autre pour ces services qui sont plus faciles à mettre en avant dans l’écosystème maison, que chez la concurrence.

Le gaming n’est plus réservé à Windows

Il y a une autre transformation importante du marché dont il faut tenir compte. Jusqu’à maintenant pour jouer aux jeux vidéo sur PC, Windows était peu ou prou incontournable. Il y a eu certes quelques jeux pendant un temps qui sortaient sur Mac, mais cela restait un usage marginal. Aujourd’hui, on ne peut plus en dire autant, ou plutôt, la situation est en train d’évoluer.

D’abord, on pourra faire remarquer qu’il devient possible de jouer sur GNU/Linux grâce à Proton, et le Steam Deck en est un bon exemple. Mais surtout, il est de moins en moins nécessaire de jouer aux jeux en local, notamment grâce à Microsoft. Vous savez où je veux en venir, le cloud gaming est de plus en plus présent dans les discussions sur le jeu vidéo, et tous les services, même le Xbox Game Pass Ultimate, sont disponibles sur Mac.

Le Xbox Game Pass est accessible sur Mac

Autrement dit, on peut très bien jouer à un large catalogue de jeux depuis un Mac sans que cela pose problème. Par ailleurs, Apple a lancé son offre Apple Arcade sur Mac et conçoit désormais ses propres puces graphiques. Il ne fait aucun doute qu’il existera un marché du jeu sur MacBook à l’avenir.

Microsoft doit réagir et la Surface Pro X est insuffisante

Pour Microsoft il y a un vrai risque de voir le marché basculer. Si demain Apple peut proposer une machine ultra performante, autonome et simple à utiliser pour moins de 1000 euros, voir avec un tarif plus agressif à 700 euros, le tout intégré à l’écosystème Apple, cela deviendra une véritable alternative grand public à Windows. On imagine mal Windows disparaitre du jour au lendemain, mais Microsoft pourrait véritablement perdre pied sur ce secteur. Rien n’est immuable.

Contre ce risque, Microsoft doit être en mesure de proposer des produits beaucoup plus intéressants qu’aujourd’hui. La firme a présenté cette semaine la gamme Surface qui accompagnera le lancement de Windows 11, et rien ne permet véritablement de répondre à l’avance d’Apple avec sa puce M1.

Microsoft doit répondre à plusieurs problèmes. Le premier est l’adaptation de Windows aux processeurs ARM. Plusieurs années après le partenariat avec Qualcomm, le système arrive à peine à émuler correctement les logiciels Intel 64 Bits avec le passage à Windows 11. Cela va améliorer l’expérience utilisateur, mais Microsoft doit passer la seconde et convaincre les développeurs d’adopter cette architecture.

La firme doit aussi faire avec la lourdeur de son système. Elle a plusieurs fois tenté l’aventure du système léger : Windows RT, Windows 10 S ou encore Windows 10X, mais sans jamais parvenir à un produit convaincant. Le dernier projet en date a même été annulé avant sa commercialisation.

Microsoft doit accélérer sur le matériel

Microsoft doit aussi enfin se décider à devenir un fabricant. Depuis les débuts de la gamme Surface, la firme ne sait pas comment positionner ses produits sans froisser ses partenaires concurrents. Google connait les mêmes problèmes sur Android avec sa gamme Pixel. Mais cette position n’est pas durable. On voit que Google va retenter l’aventure du smartphone concurrentiel avec le Pixel 6 et la conception de sa propre puce.

La puce « Microsoft » de la Surface Pro X

La firme de Redmond doit peut-être prendre la même décision. Aujourd’hui elle participe à la conception de puce pour son infrastructure cloud et co-conçoit les puces des Xbox, mais on est loin de la conception intégrée à la Apple. L’étiquette « Microsoft » sur la puce Qualcomm intégrée à la Surface Pro X ne trompe personne.

La solution la plus évidente semble d’investir dès maintenant pour être en capacité de proposer sur le marché des produits Surface tout aussi intéressants que ce que proposera Apple avec ses MacBook.

Un face-à-face où le consommateur sortira gagnant

Au début des années 2000, Microsoft a été pointée du doigt et même condamnée pour abus de position dominante dans le domaine du PC. Le monde a beaucoup évolué depuis et la firme n’a clairement plus la même place aux yeux du grand public. Pourtant, dans le secteur isolé du PC, si l’on omet les tablettes et les smartphones, Windows reste le système de monsieur et madame tout le monde avec ses près de 75 % de part de marché en 2021.

L’arrivée d’un nouveau souffle venant d’Apple pourrait enfin apporter une concurrence saine et ainsi pousser à l’innovation. Google pourrait aussi avoir quelques coups intéressants à jouer dans les années à venir autour de Chrome OS et de ses puces Tensor. Charge à Microsoft de s’y préparer.

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